Aller au contenu principal
Méthode2 min de lecture

Du POC à la production : les 5 freins qui tuent vos projets IA

De nombreux POC IA ne passent jamais en production. Voici les 5 freins structurels que nous croisons systématiquement chez nos clients, et la grille de décision pour les éviter dès la phase de cadrage.

Par Laurent Falise — CEO, ProofPilot
Carnet Moleskine ouvert avec schéma d'architecture dessiné à la main, stylo plume noir et tasse d'espresso sur un bureau crème en lumière du matin

On nous l'a répété pendant trois ans : « il faut faire des POC ». Aujourd'hui, les directions générales se réveillent avec une réalité brutale. La grande majorité des proof of concepts IA lancés depuis 2023 n'ont jamais quitté le statut de démo. Pas par manque de technologie. Par manque de méthode.

1. Le cas d'usage est choisi par enthousiasme, pas par ROI

Premier piège : le POC est lancé parce qu'un membre du COMEX a vu une démo bluffante au CES. Le sujet est techniquement séduisant mais opérationnellement marginal. Six mois plus tard, le projet livre ce qu'il avait promis, sauf que personne dans l'organisation n'en a vraiment besoin.

« Un bon cas d'usage IA est ennuyeux à raconter en dîner. C'est une tâche répétitive, à fort volume, avec un ROI calculable au tableur. »
— Règle interne ProofPilot

2. Aucune ligne budgétaire pour le run

Le budget POC est sponsorisé par l'innovation. Le passage en production exige une ligne récurrente sur l'opex IT, qui n'a jamais été planifiée. Le projet meurt entre deux comités budgétaires.

3. La donnée n'est pas prête (et personne ne veut le dire)

On découvre en mois 3 que les données nécessaires sont éclatées entre 4 systèmes, mal qualifiées, avec des conventions de nommage incohérentes. Le POC fonctionne sur un échantillon trié à la main. La production exigerait 6 mois de data engineering préalable. Personne ne l'avait chiffré.

4. Pas de propriétaire métier identifié

Le POC a été mené par la DSI ou un cabinet externe. À la livraison, aucun directeur métier n'est responsable de l'adoption, de la mesure d'impact, ni de l'évolution. L'outil est mis en ligne, personne ne s'en occupe, il dépérit en six semaines.

5. Aucun protocole de mesure d'impact

On lance, on observe « ça a l'air de marcher », mais on n'a jamais défini les KPI avant/après, le périmètre de mesure, ni le seuil au-dessus duquel on industrialise. Sans grille de mesure, impossible de défendre la suite du programme au CODIR.

La grille de décision ProofPilot

  • Le cas d'usage représente-t-il > 200h/an de tâche répétitive mesurée ?
  • Y a-t-il un sponsor métier nommé, avec un objectif chiffré dans son scorecard annuel ?
  • Le coût de run sur 24 mois est-il inscrit dans le budget pluriannuel ?
  • La donnée est-elle accessible, propre et autorisée ? (audit data en amont, pas en cours de POC)
  • Les KPI avant/après sont-ils définis, instrumentés et signés par le sponsor ?

Si vous avez 5 oui, lancez. Si vous avez moins de 4, ne lancez pas, ou lancez d'abord un cadrage de 2 semaines pour transformer les non en oui. C'est notre règle interne, c'est aussi celle que nous appliquons à chaque mission.

Par
Laurent Falise
CEO, ProofPilot
Partager sur

Un projet IA à cadrer ?

30 minutes en visio pour challenger votre cas d'usage et chiffrer le ROI.